Esneux:Trois écoles ont désormais leur prof anti-harcèlement

Le harcèlement à l’école peut faire de gros dégâts s’il n’est pas détecté à temps. D’où l’intérêt du projet pilote initié à l’athénée d’Esneux et dans les deux écoles secondaires de l’entité d’Aywaille.(photo fb)

Depuis janvier, un professeur, détaché de ses fonctions habituelles, assure une permanence sur chacun des sites pour écouter les élèves qui rencontrent des problèmes en matière de harcèlement. « Ce professeur reçoit tous les enfants qui ont besoin de parler », précise Brigitte Lincé, préfète des études à l’athénée royal d’Esneux. « Et ça fonctionne déjà plutôt bien les élèves se tournent plus volontiers vers cette personne que vers la direction, qui a un petit côté répressif pour eux. »

À Esneux, c’est Laurence Gubbels, professeur de morale, qui a endossé cette nouvelle fonction de coach scolaire. En place depuis un peu plus d’un mois, elle a déjà été confrontée à huit victimes de harcèlement.

« Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de demandes », explique-t-elle, « ni que les élèves se confieraient aussi facilement. Jusqu’à présent, ce sont surtout des élèves de 1re et 2e, victimes de moqueries et de critiques insistantes, qui sont venus me voir. »

Le rôle de la coach scolaire ? Les écouter tout d’abord, avant éventuellement de se tourner vers les « agresseurs ». « Je n’interviens qu’à la demande de la victime mais, en général, tous sont demandeurs. Jusqu’à présent, les moqueries étaient le fait de plusieurs élèves, je me suis donc adressée à l’ensemble de la classe, pour ne pas stigmatiser les auteurs. Certains ont toutefois spontanément avoué, en expliquant qu’ils ne se rendaient pas compte du mal qu’ils faisaient. Mais mon message s’adresse de toute façon aux autres élèves également, à ceux qui voient tout mais ne bougent pas. » Et cette action semble d’ores et déjà porter ses fruits. « Je revois les victimes après une semaine, puis après deux semaines. Et jusqu’à présent, ça fonctionne, tout est rentré dans l’ordre. »

FORMATIONS

Ce projet pilote a été rendu possible grâce à des fonds européens. Les trois établissements scolaires, réunis dans la commission mixte Ourthe-Amblève, ont en effet ré- pondu à un appel à projets lié au décrochage scolaire. Et ils ont obtenu chacun deux tiers d’équivalent temps-plein pour assurer ces permanences.

Ce projet sera ensuite complété par une seconde phase. « Nous allons également mettre en place des formations à destination des professeurs, des élèves et des parents », continue Mme Lincé. « Nous voudrions ainsi sensibiliser la grosse majorité des témoins de ces faits de harcèlement. Pour qu’ils les dénoncent mais surtout pour qu’ils les fassent cesser, parce que souvent, quand le harceleur n’a plus de public, il arrête de lui-même. Nous allons donc commencer ces formations dès cette année avec les élèves du premier degré, avant de les étendre au reste de notre population scolaire par la suite. »

Les trois écoles liégeoises vont maintenant tester ce dispositif jusqu’en 2018. Des évaluations seront menées régulièrement pour mesurer son efficacité dans la lutte contre le harcèlement à l’école avant d’éventuellement étendre le concept à d’autres établissements scolaires

source info :GEOFFREY WOLFF

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