« Je licencie trois personnes à cause de la black box et ferme deux jours par semaine"

L’obligation du nouveau système de caisse enregistreuse en janvier 2016 plombe le moral de nombre de restaurateurs liégeois. « Je vais devoir fermer deux jours par semaine et je dois donc licencier trois personnes », regrette José Weickmann, le patron du Canotier à Tilff. Sans le « black», dur dur de survivre pour les petits indépendants...

«Je vais changer mon système de travail à cause de la nouvelle caisse enregistreuse. Je ne vais plus pouvoir continuer à ouvrir sept jours sur sept, je fermerai deux jours parmi les plus calmes en début de semaine, et je me retrouverai  donc avec trop de personnel », explique le patron du Canotier.

«Je vais sacrifier deux jours parmi les moins rentables, entre le lundi et le jeudi. Or, j’ai neuf emplois temps-plein, dont quatre en cuisine. C’est trop, je ne saurais pas continuer comme ça… J’ai donc décidé de me séparer de trois personnes. Mais j’ai proposé à ceux qui veulent vraiment rester de passer à mi-temps. »

Rien que le prix de la nouvelle caisse « Black Box » est déjà un fameux investissement pour les responsables de restaurants : en moyenne, 4.000 euros.

«J’ai écrit aux politiques, poursuit M. Weickmann, car au début, on nous avait promis de baisser le taux de TVA à 6% en échange de la nouvelle caisse. Ça arrangeait tout le monde, mais rien n’a été fait.

Les contrôleurs fiscaux ont estimé qu’on faisait  9 à 10 % de notre chiffre en noir, argent qui sert à payer les petits suppléments, comme les heures de nettoyage. À l’heure actuelle, je paie 128.000 euros par an de charges ONSS, 27.000 de précompte et 80.000 de TVA. En fermant deux  jours par semaine, ces sommes vont, je l’espère, diminuer, c’est ma seule solution… »

Et le restaurateur liégeois de souligner  comme beaucoup d’autres de ses confrères , le flou total dans lequel les professionnels sont  plongés depuis l’arrêt, ce 14 octobre, du Conseil d’État : celui-ci a estimé que la future réglementation était discriminatoire, puisque les établissements qui n’atteignent pas 10 % de leur chiffre d’affaires en restauration sont dispensés de Black Box. Pour le Conseil d’État, la nouvelle caisse doit être appliquée à tous… ou à personne. L’entrée en vigueur est toutefois  maintenue pour janvier 2016. «L’arrêté a été annulé par le Conseil  d’État, le SPF Finances a promis de nouveaux textes et de fournir une nouvelle définition de ce qu’est un ‘repas’ », précise Matthieu  Dewèvre, de l’Union des Classes Moyennes (UCM). La Fédération wallonne de l’Horeca assure être tout autant dans l’incertitude : «Nous ne recevons même pas de réponse des Finances à nos e-mails… » Les restaurants devaient préalablement s’inscrire (1.500 euros) au nouveau système de caisse enregistreuse (SCE) . Entre 10 et 20 % ne seraient toujours pas enregistrés, à  deux mois de la date-butoir. Parmi  eux, certains ont sans doute déjà prévu, à regret, de mettre la clef sous le paillasson…

Source info sudpresse

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