L’immersion anglaise en danger à l’athénée

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Depuis des années, le pouvoir politique prône l’apprentissage des langues étrangères dès le plus jeune âge afin d’anticiper les besoins du monde du travail et, dès lors, de participer à la relance économique du pays en général, et de la Wallonie en particulier. Le monde de l’enseignement a donc suivi. Avec les moyens du bord. Partout, les filières en immersion se sont multipliées, mais toutes ou presque ont dû affronter les mêmes difficultés : les professeurs capables d’assurer des cours en anglais, ou en néerlandais, ne courent pas les rues.

De nombreux établissements scolaires ont donc eu recours au système D, en employant des personnes capables de converser avec leurs élèves dans la langue de Shakespeare sans toutefois disposer des diplômes dans la matière qu’ils enseignent. L’athénée d’Esneux fait partie de ceux-là depuis 2007. Mais aujourd’hui, l’immersion en langue anglaise y est menacée. Suite à une décision… du pouvoir politique ! Paradoxal, n’est-il pas ?

La chambre de la pénurie, soit l’organe chargé de vérifier si les enseignants disposent des diplômes requis, vient en effet de se pencher sur le cas de l’athénée. Avec à la clé, une décision qui risque d’avoir de lourdes conséquences : « Elle vient de rendre un avis qui touche partiellement ou totalement deux collègues, explique Romain Pasteger, prof de latin à l’athénée d’Esneux. L’un va être privé d’une partie de ses heures, et l’autre de la totalité. Cet avis a été rendu le 6 décembre et mes collègues en ont eu connaissance quelques jours plus tard. »

Sous-qualifiés, les deux professeurs esneutois ? L’un est écossais, et l’autre a travaillé, dans le civil, plusieurs années en anglais. Mais le problème est un peu différent. « Les professeurs qui donnent des cours en immersion ne donnent pas que des cours de langue, ils sont également invités à donner d’autres matières, continue M. Pasteger, comme les sciences ou la géographie. Selon cette réforme des titres et fonctions, ils doivent disposer d’un diplôme pédagogique, d’un diplôme pour chaque matière qu’ils enseignent, et être ‘native speakers’. Et ça, c’est compliqué. On ne conteste pas qu’il faille des diplômes pour enseigner, mais il faut quand même être réaliste… »

Des profils comme ceux-là étant plus que rares – « Si on voulait trouver un prof d’anglais, ce serait déjà difficile » – il est plus que probable en effet que l’athénée d’Esneux se retrouve d’ici peu sans ses enseignants en immersion. Et que tous les élèves de cette filière se retrouvent dès lors privés de plusieurs heures de cours en anglais. Pour tenter d’inverser la vapeur, le corps enseignant s’est donc mobilisé. Un courrier va être envoyé à la ministre Marie-Martine Schyns, et une petite manifestation est annoncée à la rentrée. Celle de la dernière chance : le 11 janvier au plus tard, si rien n’a bougé, ces deux professeurs devront en effet avoir quitté l’athénée… 

Source :LaMeuse

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